Le bruit des pas sur le palier du notaire reste souvent gravé dans la mémoire comme un compte à rebours. L’angoisse monte s’il manque un document, si la banque traîne sur un virement ou si une date est mal calculée. Un simple oubli peut repousser la signature et générer des frais ou des complications avec le vendeur. Cet article explique, étape par étape, le calendrier juridique et les preuves écrites à demander à la banque pour obtenir le déblocage des fonds en toute sérénité.
Le calendrier juridique à respecter
La chronologie commence à la réception de l’offre de prêt. Le délai légal de réflexion est un repère incontournable : l’emprunteur dispose de dix jours complets pour accepter l’offre, à compter du lendemain de la réception. Respecter ce délai conditionne la suite des opérations et la fixation de la date chez le notaire.
Le délai de réflexion de dix jours
Ce délai de dix jours ne peut pas être abrégé. Si vous acceptez avant la fin des dix jours, l’acceptation est nulle : il faut attendre l’expiration du délai. Vous vérifiez donc d’abord la date figurant sur l’offre, notez le jour de réception, puis comptez dix jours calendaires avant de renvoyer votre acceptation. C’est un point juridique majeur qui structure toute la suite du montage.
Signature électronique vs envoi postal
La signature électronique a profondément réduit les délais. Elle permet d’horodater l’acceptation et d’en garder une copie immédiatement transmissible à la banque et au notaire. Toutefois, certaines banques exigent encore l’original papier ou un envoi recommandé. Anticipez cette exigence en demandant dès la réception de l’offre la modalité d’acceptation acceptée par l’établissement prêteur.
Timeline pratique et actions recommandées
| Étape | Délai indicatif | Action recommandée |
|---|---|---|
| Réception de l’offre de prêt | J0 | Vérifier la date, archiver une copie et noter la date de début du délai de réflexion |
| Fin du délai de réflexion | J+10 | Envoyer l’acceptation selon la modalité prévue (papier ou e-signature) |
| Instruction et levée des conditions | J+11 à J+30 | Transmettre documents complémentaires à la banque, obtenir confirmation écrite de levée des conditions |
| Préparation de l’acte chez le notaire | J+30 à J+90 | Vérifier la complétude du dossier, demander RIB du notaire et calendrier de virement |
| Jour de l’acte et déblocage des fonds | Conforme à l’acte notarié | Obtenir bordereau ou preuve de virement et archiver le justificatif |
Pièces à préparer et preuves à demander
Un dossier complet accélère le déblocage. Voici les documents essentiels et les preuves que vous devez exiger de la banque pour éviter un blocage le jour J :
- Acceptation signée de l’offre de prêt : original papier ou copie électronique horodatée selon exigence de la banque.
- Attestation d’assurance emprunteur : fournie par l’assureur et acceptée par la banque.
- RIB du notaire : transmis au plus tôt pour que la banque prépare l’ordre de virement.
- Justificatifs d’identité et de domicile : fournis par l’acheteur et archivés chez le notaire.
- Confirmation écrite de la banque de la levée des conditions suspensives : document clé à obtenir avant la signature.
- Bordereau ou ordre de virement daté et signé par la banque : preuve que le fonds a été émis vers le compte du notaire.
Demandez expressément à la banque un récapitulatif écrit indiquant la date prévue du virement, le montant exact et le compte destinataire. Ce document sert de preuve si un litige ou un retard survient.
Modèles de démarches pratiques
Avant la signature, envoyez un email ou une lettre recommandée à la banque pour confirmer la modalité d’acceptation, la date prévue de levée des conditions et la nécessité d’un bordereau de virement. Au notaire, demandez un RIB et un planning de remise des fonds. Conservez toutes les communications (emails, courriers, accusés de réception).
Que faire en cas de retard ou de blocage ?
Si le virement tarde, relancez d’abord la banque par écrit en demandant une date précise et une preuve d’émission. Si la banque invoque un problème administratif, demandez un courrier explicatif. En cas d’impasse, le notaire peut parfois accepter un engagement écrit de la banque accompagné d’un bordereau partiel. En dernier recours, une mise en demeure par lettre recommandée peut être envisagée, puis une saisine des voies judiciaires si le retard engendre un préjudice avéré.
La meilleure prévention contre les blocages de virement est l’anticipation et la systématisation des preuves écrites : acceptation horodatée, confirmation de levée des conditions, RIB du notaire, bordereau de virement. Conservez ces documents pendant toute la durée du prêt. Agir vite, relancer poliment et demander des pièces écrites sont les gestes simples mais décisifs pour que la signature chez le notaire se déroule sans mauvaise surprise.









