Sécuriser la manutention
- Prévalence des TMS : les troubles musculo‑squelettiques constituent la première cause de maladies professionnelles, surtout liées à la manutention répétitive.
- Responsabilités légales : l’employeur doit évaluer les risques, consigner le DUER, fournir formation et équipements, et organiser la prévention.
- Mesures de prévention : combiner aides mécaniques, formation, organisation ergonomique et entretien du matériel réduit significativement les accidents et les TMS.
Les troubles musculo‑squelettiques (TMS) représentent la première cause de maladies professionnelles en France. La manutention, qu’elle soit manuelle ou mécanique, explique une grande partie de ces cas, du préparateur de commandes au cariste. Cet article détaille la notion de manutention, ses différentes formes, les risques principaux pour la santé, ainsi que les obligations légales et les mesures de prévention à mettre en place par l’employeur et le salarié.
Qu’entend‑on par manutention ?
La manutention regroupe toutes les opérations de transport, de portage, de déplacement et de manipulation de charges. Elle peut être ponctuelle (déménagement, livraison) ou répétitive (préparation de commandes, chargement quotidien). On distingue principalement la manutention manuelle, réalisée par un opérateur sans assistance mécanique, et la manutention mécanique, qui fait appel à des appareils tels que transpalettes, chariots élévateurs, palans ou convoyeurs.
Une fiche de poste bien rédigée précise la fréquence des tâches, le poids moyen des charges, les postures fréquentes et les aides matérielles ou humaines disponibles. Cette précision est essentielle pour évaluer les risques et définir les mesures de prévention adaptées dans le document unique d’évaluation des risques (DUER).
Manutention manuelle vs mécanique : avantages et limites
La manutention manuelle implique des gestes humains : saisir, porter, pousser, tirer et poser des objets. Elle est adaptée aux charges légères et peu volumineuses, mais elle expose aux TMS lorsque les gestes sont répétitifs, les postures contraignantes ou les charges lourdes. La manutention mécanique réduit l’effort humain et le risque de blessures lorsque l’on utilise des équipements adaptés et entretenus.
Exemples d’équipements mécaniques : transpalette manuel pour le déplacement de palettes sur courtes distances, chariot élévateur pour empiler et déplacer des charges en hauteur, palan ou treuil pour des levages statiques et lourds, convoyeur pour automatiser des flux continus. Le choix de l’équipement dépend du poids, du volume, de la hauteur de manutention et de la fréquence des opérations.
Risques principaux liés à la manutention
Les risques les plus fréquents sont :
TMS : lombalgies, cervicalgies, tendinites, syndrome du canal carpien causés par des gestes répétitifs, des efforts inappropriés et des postures prolongées.
Chutes de charges : provoquant fractures, contusions et blessures si les charges sont mal empilées ou mal arrimées.
Écrasements et collisions : liés à la présence d’engins motorisés (chariots, transpalettes électriques) dans des zones de circulation mal organisées.
Accidents liés au matériel : défaillance d’un palan, rupture d’une sangle ou d’un chariot mal entretenu.
Signes d’alerte à surveiller : douleur persistante, fourmillements, perte de force, baisse de mobilité ou inconfort chronique. Le salarié doit rapporter ces symptômes au service de santé au travail pour une prise en charge rapide et une éventuelle adaptation du poste.
Obligations légales de l’employeur et du salarié
Selon l’article L4121‑1 du Code du travail, l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cela implique :
- Évaluer les risques professionnels et consigner les résultats dans le DUER.
- Mettre en place des moyens de prévention : équipements de manutention, aménagement des lieux, procédures sûres.
- Former et informer les salariés aux risques et aux bonnes pratiques (gestes et postures, conduite d’engins).
- Fournir et faire utiliser les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés : chaussures de sécurité, gants antidérapants, casque, lunettes, gilet haute visibilité selon le contexte.
Le salarié, de son côté, doit respecter les consignes de sécurité, utiliser correctement les équipements fournis et participer aux formations. La collaboration entre employeur et salariés est essentielle pour repérer les dysfonctionnements et améliorer les conditions de travail. Découvrez plus d’infos sur comment optimiser un chantier avec une location de monte charge professionnel
Mesures pratiques de prévention
Quelques mesures efficaces pour réduire les risques de manutention :
- Limiter le poids des charges manipulées manuellement et privilégier les aides mécaniques dès que possible.
- Organiser le poste de travail pour réduire les déplacements inutiles et les torsions du tronc (palettes à hauteur adaptée, étagères ergonomiques).
- Mettre en place des formations régulières sur les gestes et postures et sur l’utilisation des équipements.
- Assurer l’entretien préventif du matériel de manutention : freins, fourches, sangles, systèmes de levage.
- Séparer les voies de circulation des piétons et des engins, signaler les zones de danger et limiter la vitesse des véhicules.
- Instaurer la rotation des tâches pour réduire la répétitivité des gestes.
La prévention de la manutention repose sur une évaluation rigoureuse des risques, des moyens matériels adaptés, la formation des équipes et une organisation du travail réfléchie. Le Document Unique, les fiches pratiques de l’INRS et les guides ministériels offrent des ressources concrètes pour aider les entreprises à se conformer à la réglementation et protéger la santé des travailleurs. À l’embauche, prévoir une formation initiale (gestes et postures, cariste) et des rappels réguliers permet de réduire significativement les accidents et les maladies professionnelles liés à la manutention.









